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mercredi 6 octobre 2010

Voltaire contrebandier (2ème partie)

Voltaire accusé de contrebande

Ces bouteilles de casse, voilà justement les objets du scandale qui vont mettre Voltaire en contact avec Collonges. L’histoire commence le 23 décembre 1766. Elle empoisonnera la vie de Voltaire  pendant plus d’un mois, lui causant une attaque d’apoplexie, l’obligeant à se démener comme un beau diable et à actionner tout son réseau de relations. « Quoique j'aie essuyé bien des revers en ma vie, écrit- il au duc de Richelieu, je n'en ai point eu de plus imprévu et de plus désagréable que celui que j'éprouve aujourd'hui ».

Chambre à coucher de Voltaire à Ferney.

Il ne faut pas prendre très au sérieux l’annonce de cette attaque d’apoplexie. Voltaire était coutumier, aux dires de son secrétaire Wagnière, de ces jérémiades destinées à apitoyer ses interlocuteurs. Marmontel en donne une illustration saisissante : « Rien de plus singulier, de plus original que l'accueil que nous fit Voltaire. Il était dans son lit lorsque nous arrivâmes. Il nous tendit les bras, il pleura de joie en m'embrassant; il embrassa de même le fils de son ancien ami M. Gaulard. "Vous me trouvez mourant, nous dit-il; venez-vous me rendre la vie ou recevoir mes derniers soupirs?"

Mon camarade fut effrayé de ce début. Mais moi qui avais cent fois entendu dire à Voltaire qu'il se mourait, je fis signe à Gaulard de se rassurer. En effet, le moment d'après, le mourant nous faisant asseoir auprès de son lit: --Mon ami, me dit-il, que je suis aise de vous voir surtout dans le moment où je possède un homme que vous serez ravi d'entendre. C'est M. de l'Ecluse [l'homonymie est amusante et ne devait pas échapper à tous ces voyageurs obligés de passer juste à côté de mes ancêtres, dans cet endroit assez sinistre ; son nom pourtant n’a rien à voir avec le Pas de l’Ecluse près de Collonges], le chirurgien-dentiste du feu roi de Pologne, aujourd'hui seigneur d'une terre auprès de Montargis, et qui a bien voulu venir raccommoder les dents irraccommodables de Mme Denis [la nièce et maîtresse de Voltaire]. C'est un homme charmant. Mais ne le connaissez-vous pas? --  Le seul l'Ecluse que je connaisse est, lui dis-je, un acteur de l'ancien Opéra-Comique. -- C'est lui, mon ami, c'est lui même. Si vous le connaissez, vous avez entendu cette chanson du Rémouleur qu'il joue et qu'il chante si bien."

 Et à l'instant, voilà Voltaire imitant l'Ecluse, et avec ses bras nus et sa voix sépulcrale, jouant le Rémouleur et chantant la chanson:
Je ne sais où la mettre
Ma jeune fillette;
Je ne sais où la mettre,
Car on me la che....

Nous rions aux éclats; et lui toujours sérieusement: --Je l'imite mal, disait-il; c'est M. de l'Ecluse qu'il faut entendre, et sa chanson de la Fileuse! et celle du Postillon! et la querelle des Ecosseuses avec Vadé! C’est la vérité même. Ah ! vous aurez bien du plaisir. Allez voir Mme Denis. Moi, tout malade que je suis, je m'en vais me lever pour dîner avec vous. Nous mangerons un omble-chevalier, et nous entendrons M. de l'Ecluse. Le plaisir de vous voir a suspendu mes maux, et je me sens tout ranimé." Mémoires de Marmontel. Cette visite de Marmontel en 1760, n’a pas eu lieu à Ferney, mais aux Délices, précédente demeure de Voltaire tout près de Genève.




S’il ne faut pas prendre Voltaire trop au sérieux quand il joue les grands malades, on doit le croire quand il affirme que toute cette histoire de contrebande de livres l’a beaucoup inquiété.

L’affaire nous paraît plus cocasse que dangereuse mais c’est oublier qu’à l’époque, si les hérétiques n’étaient plus brûlés comme au siècle précédent, pour des faits de ce genre on risquait l’emprisonnement pendant une durée indéterminée. Pour ne pas s’étonner de l’inquiétude de Voltaire, il suffit de penser à ce qui arriverait à un Américain pris avec un stock des Versets sataniques à la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan. D’ailleurs le sieur Dumesrel, commis au bureau des douanes de Collonges dont je vais bientôt parler, promettait la pendaison à la femme qu’il venait d’arrêter avec 80 livres interdits cachés dans une malle sous une pile de vêtements.

Depuis le début, l’affaire était mal engagée. Elle consistait à récupérer des livres à Genève pour les acheminer jusqu’en France par la seule route praticable (avant le blocus), celle qui traversait Collonges où se trouvait le poste de douanes. La route, au passage de l’Ecluse, est coincée entre le Rhône et la montagne et passait, à l’époque et jusqu’en 1936,  à l’intérieur du Fort de l’Ecluse. Difficile de trouver meilleur endroit pour un poste de douanes.


Ci-dessus le passage de l’Ecluse, vu de l’ouest. Collonges est au nord-est, de l’autre côté de l’Ecluse. Le Rhône coule en contrebas. Le village que l’on aperçoit est Longeray (source :Viaticalpes).


Première protagoniste de notre histoire, une madame Le Jeune, sœur de François Thurot, le jeune chef d’escadre tué en Irlande, lors d’une tentative d’invasion avortée de l’Angleterre. C’est elle qui s’était chargée de cette importation frauduleuse de livres.

Son mari, valet de chambre du comte d’Argental, ami de Voltaire,  avait écrit la liste des livres à faire passer sur un billet. Dans le récit embarrassé de Voltaire, l’histoire n’est pas très claire : tantôt Voltaire parle d’une liste de livres divers, tantôt de 80 exemplaires identiques du Vicaire savoyard de Jean-Jacques (en ce cas, pas besoin de liste, mais cette dernière affirmation lui sert à se disculper : Comment lui, Voltaire, pourrait-il bien vouloir importer ces livres qu’il abhorre !) Il est plus vraisemblable qu’il se soit agi d’un stock de livres différents dont le seul point commun était d’être interdits d’importation en France.

Cette dame Le Jeune était allé chez le libraire Cramer, homme de confiance puisqu’il éditait les livres de Voltaire. Notre jeune femme était mal renseignée : Il n’avait pas les livres demandés car il n’imprime que les livres de Voltaire. La voilà obligée de se rendre chez un autre libraire, à la loyauté inconnue. Elle y perd ou oublie le fameux billet. Première sottise : « Son mari lui avait donné un billet pour les Cramer, dans lequel il spécifiait les marchandises qu'elle devait acheter. Les Cramer, qui sont mes libraires, n'ont point de ces effets dangereux ; ils n'impriment que mes ouvrages. Elle s'adressa à un autre, et lui laissa par malheur la note de son mari, signée Le Jeune, valet de chambre de M. D* [d’Argental bien sûr]. C'était une note particulière de son mari à elle ;  il faut qu'elle soit tombée par mégarde quand on faisait ses petits ballots, car elle est très-prudente et ne compromet personne. » Lettre au comte d’Argental du 4 janvier.

Pour passer la frontière, on s’était assuré la complicité du commis au bureau de Sacconex, alors en France,  un certain Janin. Je ne sais s’il s’agit du Janin qui avait engrossé une fille de Collonges, Louise Courtois, mais ce n’est pas impossible. On peut être un gredin et un salopard. On avait également soudoyé le commis Dumesrel, du bureau de Collonges, qui s’était engagé, moyennant 50 louis, à plomber les 3 malles sans les ouvrir. Enfin, pour justifier que l’on utilise un équipage de Voltaire (il dit toujours « l’équipage de Mme Denis », sa nièce et maîtresse, mais cela ne trompe guère), Mme Le Jeune et Janin partirent de Ferney avec un chargement de vêtements d’occasion pour une certaine Mme Doiret de Chalons.

Malheureusement, à Collonges, Janin, de mèche avec Dumesrel, dénonce Mme Le Jeune. L’équipage est réquisitionné, Janin devant en toucher le 1/3 de la valeur. La malle qui contenait les livres (en feuillets car il était impossible dans les troubles de Genève de trouver un relieur) est envoyée à Paris au vice-chancelier, M. de Maupeou, conformément aux instructions expresses de ce dernier. C’est dire si l’affaire est jugée d’importance.

Jusque là, ce n’est pas encore trop grave pour Voltaire : Janin n’a pas donné le vrai nom de Mme Le Jeune qui s’est fait passer pour une Doiret, parente de la prétendue Doiret de Châlons. De plus, elle réussit à tromper la surveillance de ses gardiens à Collonges et se réfugie en Suisse. Partant du principe que l’attaque est la meilleure défense pour prouver son innocence, Voltaire attaque au criminel le commis de Collonges pour réquisition indue d’un équipage lui appartenant et qu’on lui aurait emprunté malgré lui ; « Il est absurde de supposer que Mme Denis et moi nous fassions un commerce de livres étrangers ; il est très-aisé de savoir de la dame Doiret de Châlons, à laquelle les marchandises sont adressées par une autre Doiret, toute la vérité de cette affaire, et où est la friponnerie. Nous n'avons jamais connu aucune Doiret, y en eût-il cent ; il y a une femme Doiret qui est venue dans le pays en qualité de fripière, elle a acheté des habits de nos domestiques, sans que nous l'ayons jamais vue, elle a emprunté d'eux un vieux carrosse et des chevaux de labourage de notre ferme, éloignée du château, pour la conduire; et nous n'en avons été instruits qu'après la saisie ». Lettre de 9 janvier à M de Montyon, le maître des requêtes chargé de l’affaire.

Sans doute la description de cet attelage, un vieux carrosse attelé de chevaux de labourage, ne colle guère avec ce que l’on peut imaginer être l’équipage de Mme Denis, ni, d’une manière générale, avec ce qui devait être un moyen de transport jusqu’à Châlons. Mais le mensonge, vraisemblable, est destiné à convaincre à distance des autorités qui ne disposent d’aucun moyen de vérifier la description du dit attelage.

Normalement, l’incident est clos. Les autorités ont intercepté un chargement de livres interdits grâce au zèle du commis Dumesrel. Ce zélé serviteur du Roy gardera tout à la fois le prix de sa forfaiture et le bénéfice de sa trahison, bien persuadé que personne ne prendra le risque de le dénoncer. Le sieur Janin va toucher une récompense sur la vente de l’attelage. Voltaire ne désespère pas, sans trop y croire, de récupérer son attelage. Seule victime, Mme Lejeune obligée de se cacher quelques temps, mais après tout elle avait accumulé les bêtises. Sans oublier bien sûr le commanditaire de l’opération, le libraire Merlin de Paris qui a perdu sa mise. Tout ceci n’est pas dramatique. Les fripons gagnent, les militants de la liberté de pensée perdent mais il n’y a pas mort d’homme et nous ne connaîtrions rien de cet incident sans une formidable boulette du comte d’Argental.

Par la faute conjuguée de la lenteur de la poste et de l’indolence de son grand ami le comte d’Argental, l’affaire prend un tout autre tour. Le comte d’Argental, en effet, communique dans le mémoire qu’il adresse à Maupeou sur la demande de Voltaire, le nom de Le Jeune et l’assortit d’une invention : cette Le Jeune serait cousine de la femme de chambre de Mme Denis (alors qu’elle est la femme du valet de chambre du comte). Le comte a-t-il voulu éloigner de lui tout risque de suspicion et donner une explication sur le fait qu’un attelage de Voltaire soit impliqué dans l’acte de contrebande ? Bizarrement, si c’est le cas, Voltaire ne fait aucun reproche à celui qu’il appelle, dans les très nombreuses lettres qu’il lui écrit, « son cher ange » et lorsqu’il écrit aux deux époux « ses divins anges ».

Voltaire apprend la bourde quand il reçoit, le 5 janvier, la copie du mémoire à Maupeou rédigé par d’Argental. La lettre de ce dernier ne lui parvient que le 8 janvier. A lire la réplique de Voltaire, on s’étonne du ton employé : On aurait pu comprendre plus d’énervement, d’autant plus que Voltaire était colérique. Le comte est vraiment un ami très cher.

 « La poste part dans le moment ; nous n'avons que le temps de dire que nous venons de recevoir la copie du mémoire de mon cher ange à monsieur le vice-chancelier. Malheureusement, ce mémoire contredit toutes nos requêtes ; nous avons toujours articulé que nous ne connaissons pas la dame Doiret. Nous avons commencé un procès contre elle, et tout cela est très-vrai. Mon cher ange dit dans le mémoire que la Doiret est cousine de la femme de charge du château, c'est nous rendre évidemment ses complices. Nous conjurons mon cher ange de dire qu'il s'est trompé, comme il s'est trompé en effet. Cela n'arrive pas souvent à mon cher ange mais quand il s'agit de faits, le pape même n'est pas infaillible. Au nom de Dieu, tenez-vous-en à notre dernière requête à monsieur le vice-chancelier ». Lettre du 5 janvier, 2 heures.

« Mes divins anges, nous recevons votre lettre du 3 janvier. Allons vite au fait l'affaire était si grave que la première chose que dit le receveur du bureau à cette dame, c'est qu'elle
serait pendue le fidèle Wagnière vous écrivit du bureau même pendant que les monstres du bureau écrivaient à monsieur le vice- chancelier cette affaire étant arrivée le 23 décembre au soir, nous n'avons eu de nouvelles de vous qu'aujourd'hui 8 janvier, et Le Jeune a écrit quatre lettres à sa femme dans cet intervalle; 4° nous ne pouvions faire autre chose que d'envoyer mémoire sur mémoire au seul maître de cette affaire ; tous ces mémoires ont été uniformes. Nous avons toujours dit la même chose, et nous ne pouvions deviner que vous imagineriez d'alléguer que cette femme est parente de notre femme de charge, attendu que nous ne l'avons jamais dit dans nos défenses dont vous avez copie, et que Wagnière à qui cette lettre est dictée, n'énonça point du tout cette défaite dans la lettre qu'il a eu l'honneur de vous écrire du bureau. La femme même articula dans le procès-verbal qu'elle avait une parente en Suisse, mais non pas à Ferney ; elle déclara qu'elle ne nous connaissait point, et voici le certificat que Wagnière vous en donne, en cas que vous ayez perdu sa lettre. Il nous a donc fallu absolument marcher sur la même ligne et soutenir toujours, ce qui est très-vrai, que nous n'avons connu jamais la femme Doiret, et que nous ne
vendons point de livres. 5° Il est très-vrai encore que le bureau de Collonges est en faute jusque dans sa turpitude, et que sa barbarie n'est point en règle. S'il a cru que la dame Doiret et son quidam [Janin] voulaient faire passer en France des choses criminelles, il devait s'assurer d'une première prévarication. Il n'était pas en droit de saisir les chevaux et le carrosse d'une personne qui venait faire plomber ses malles, qui se déclarait elle-même, et qui ne passait point des marchandises en fraude selon les ordonnances ; seconde prévarication. Il pouvait même renvoyer ces marchandises sans manquer à son devoir, et c'est ce qui arrive tous les jours dans d'autres bureaux. Mme Denis est légalement autorisée à redemander son équipage, dont d'ailleurs cette femme Doiret s'était servie frauduleusement, en achetant des habits de nos domestiques et en empruntant d'eux nos équipages et des malles. 6° Nos malles ne nous sont revenues au nombre de deux que parce que les commis mirent les papiers dans une troisième pour être envoyés à monsieur le vice-chancelier. 7° II est impossible que, si nous passons le moins du monde pour complices de la femme qui faisait entrer ces papiers, nous ne soyons exposés aux désagréments les plus violents.8° Quand nous ne serions condamnés qu'à la plus légère amende, nous serions déshonorés à quinze lieues à la ronde, dans un pays barbare et superstitieux. Vous ne vous connaissez pas en barbares ». Lettre du 8 janvier 1767.

Autre faute de d’Argental, il n’a pas réagi avec suffisamment de rapidité. Il aurait dû se précipiter chez Maupeou avant que le courrier du commis de Collonges ne lui parvienne : « Pourquoi n'a-t-on pas pris ce parti d'abord ? Je m'y perds car il est bien certain que M. d'Argental a été instruit qu'il fallait parler à monsieur le vice-chancelier plus de cinq ou six heures avant que ce magistrat, occupé de l'affaire de M. de La Chalotais, ait pu lire la lettre du bureau de Collonges. Ce moment manqué, et toute notre maison ayant été, ainsi que la pauvre Le Jeune, dans des transes continuelles depuis le 23 décembre jusqu'au 8 janvier, sans recevoir aucun mot d'avis, en proie aux discours affreux de la province et de Genève, nous nous voyons enfin traduits à un tribunal, et personne ne peut savoir, quand un procès commence, comment il finira ». Lettre de Madame Denis  à Madame d’Argental du 10 janvier.

Voltaire a, en effet, demandé à sa nièce d’écrire à l’épouse du comte d’Argental, Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet  pour que cette dernière secoue l’apathie de son mari (je note en passant, petit clin d’œil pour ceux qui me lisent, que les d’Argental se sont mariés la même année que Charles Philibert Gourgié, en 1737). D’après le style et au vu du contenu politique de la missive, Madame Denis a dû se contenter de signer la lettre.

M. de Maupeou est en effet très occupé à cette époque. Il est en pleine offensive contre les Parlements qui sont tout à la fois un contre pouvoir local face à l’autorité centralisatrice du roi, mais aussi les plus enragés défenseurs des privilèges et de l’ordre établi. Toutes les tentatives de réforme de la fin de l’Ancien Régime se heurtent à leur opposition. Situation complexe, où l’on ne peut distinguer les « bons » des « méchants », où les intentions réformatrices de Maupeou ne sont pas exemptes d’arrière-pensées autoritaires. Mais après tout, cette complexité n’est pas très éloignée de la situation que nous connaissons aujourd’hui.

Le point culminant de cette bataille, c’est l’affaire La Chalotais dont il vient d’être question. Louis-René Caradeuc de La Chalotais (1701-1785), était Procureur général du Parlement de Bretagne, en guerre contre le pouvoir royal, car il refusait la levée d’impôts extraordinaires. Accusé d’être l’auteur de deux lettres anonymes, son cas venait d’être évoqué par le Conseil du Roi, car le Parlement de Bretagne refusait de le condamner. Dans un premier temps, Maupeou aura raison de lui mais la victoire finale reviendra aux Parlements qui « auront la peau » de Maupeou, lors de l’accession au pouvoir de Louis XVI, 7 ans plus tard, en 1774.

Ainsi se termine la dernière véritable tentative du régime de se modifier de l’intérieur en s’attaquant à la Bastille de la noblesse de robe. Ce n’est pas que Louis XVI et ses ministres n’aient pas tenté de grandes réformes mais elles ne pouvaient passer sans que l’on ait auparavant abattu cette citadelle avec tout ce que cela comportait de risques d’absolutisme accru (ce que réussira finalement Napoléon sur les ruines de la vraie Bastille rasée par la Révolution). Dans un dernier effort pour contourner les Parlements, Louis XVI convoqua les Etats Généraux, amorçant le processus qui allait conduire à sa chute. Ce qui était possible en 1767, ne l’était sans doute plus en 1789.

Une fois de plus, notre Voltaire a fait un choix politique qui ne fut peut-être pas le plus judicieux. Il prit la défense de La Chalotais pour en faire une victime de l’absolutisme, comme il critiqua la République de Genève, en lutte contre l’aristocratie, au motif de son rigorisme calviniste. Dans les 2 cas, il était plutôt du côté de l’ordre établi.


Mais revenons aux ennuis de Voltaire. La situation est en train de se dégrader rapidement. Il faut prendre des mesures urgentes.

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