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jeudi 31 mars 2011

Crise du logement chez les perruches

 Voici plus de 3 semaines que j'ai abandonné mes perruches en plein ciel alors que j'avais promis une explication à leur comportement étrange, fait d'agitation continuelle, de chamailleries et d'inhabituelle agressivité. Revenons donc à ce 3 mars

La raison de ce chamboulement de leurs habitudes n'a rien de mystérieux. En fait, elles sont confrontées à une situation que les humains connaissent bien : la pénurie de logement, l'impossibilité pour une partie des jeunes couples de trouver un endroit décent pour mettre au monde et élever leur progéniture.


Pour s'en convaincre, il faut observer les moments de ces brusques sautes d'humeur. Quand se produisent-ils ? Quels lieux leur servent de théâtre ? Suivez-moi et regardez (en cliquant sur les photos pour les agrandir, sinon vous ne verrez rien).






Avez-vous remarqué quelque chose d'insolite dans l'agitation qui gagnent toutes ces perruches ? quelque chose qui échappe au mouvement brownien qui s'est emparé d'elles : Parmi toutes ces agitées, une perruche est immobile, là, tout en bas des photos. Un peu plus, je ne la remarquais pas, attiré par le ballet des excitées.


Maintenant que j'ai enregistré ce détail, je m'intéresse à la perruche immobile. Mes photos sont désormais centrées sur elle. Autour d'elle, on continue de s'agiter. De temps en temps on se repose un peu, mais on reste à proximité, on surveille la perruche penchée sur le trou . Pourquoi ? tout simplement parce que ce trou n'est pas qu'un trou, c'est un nid. La chance m'a offert la confirmation de mon intuition et, à partir de là, un début d'explication du comportement étrange de nos oiseaux se dessine.






Regardez bien ce trou, à l'aspect bien particulier ; ainsi vous pourrez repérer ce qui se passe dans ce coin de l'allée de platanes.  Voua allez même pouvoir suivre une perruche en particulier afin de percer les motifs de son comportement

Pas facile me direz-vous de  reconnaitre une perruche particulière au milieu de ses congénères. Vues de loin, elles se ressemblent toutes. Si même on pouvait les approcher d'aussi près que dans une volière, il n'est pas certain qu'on distinguerait des individus différents. Alors, à une quinzaine de mètres du sol...

Cela vous semble invraisemblable, mais je vous assure que vous connaissez la perruche qui se tient au bord de ce trou si, tout au moins vous avez lu "Un amour de perruches". C'est elle qui va nous donner la certitude : ce que l'on défend, ce que l'on cherche à conquérir, ce qui est l'enjeu de ces brusques accès de violence, ce ne  sont pas de vulgaires trous mais les nids des futurs oisillons que l'on a conçu récemment.


Voici la perruche que vous connaissez (même si vous ne la reconnaissez pas). Elle regagne son nid et surveille les alentours.






Or autour, il y a des concurrents qui aimeraient bien prendre sa place. En voici déjà un.




Il n'y en avait qu'un; un 2ème arrive. Alors, celui qui s'estime le propriétaire des lieux, décide de faire une petite expédition qui éloigner les malveillants. Car il y en a d'autres tout autour.









Puis il revient précipitamment parce que certains en ont profité pour se rapprocher.


Notre ami est à droite. il fait fuir les 2 autres perruches qui s'étaient dangereusement approchés du nid.


Maintenant qu'il a mis ses adversaires  en déroute, nous découvrons, oh surprise pour nous, la tête de sa femelle. Une tête bien connue et facilement reconnue : elle est la seule perruche toute jaune de la colonie.
Il semble la protéger de ses ailes alors qu'elle sort timidement la tête, peut-être en se demandant l'origine de ce vacarme.



Impossible de rester tranquille : les autres mâles sont toujours bien proches.

Mais, cela ne fait rien. Nos amoureux sont seuls au monde.

Ils sont même toujours aussi câlins, chacun à l'heure manière.



La belle femelle jaune, rassurée par la présence de son mâle, décide de sortir, même s'il n'est pas facile de s'extirper du trou dont les bords ont été heureusement bien lissés à coup de bec.








Puis ils s'envolent ensemble, la femelle en tête.




Un petit bol d'air  mais il faut rapidement rentrer à la maison si l'on ne veut pas la retrouver occupée par des squatters.





Je ne sais pas, malheureusement, si le nid abrite déjà des œufs. Cela me semble peu vraisemblable, pour des raisons de délai depuis la conception à laquelle j'avais assisté, mais aussi parce que, dans cette hypothèse, le comportement des challengers serait incompréhensible. A l'intérieur d'une espèce, un mâle ou une femelle ne s'attaque pas à la progéniture de ses semblables. Ce qui me parait, donc, plus plausible, c'est que les uns cherchent à protéger l'abri, encore vide aujourd'hui mais indispensable demain, tandis que d'autres cherchent à le leur prendre.

Ce comportement n'est pas propre à ce couple. J'ai vu le même genre de scène se répéter. En voici un autre exemple, encore plus sidérant par sa violence. Ce couple, madame à l'intérieur, monsieur la protégeant depuis le bord du trou, se fait brutalement agresser par un tiers. L'attaque est totalement inattendue, c'est Pearl Harbor. Monsieur ne se doute de rien alors que nous, nous voyons le drame arriver.


Un premier piqué échoue devant le bec levé du propriétaire des lieux.


Virage sur l'aile de l'attaquant et remontée en vrille pour un 2ème passage, cette fois-ci pour un piqué mieux ajusté.




Le mâle attaqué s'est envolé précipitamment. Nouveau virage sur l'aile pour effectuer un 3 ème passage. Cette fois-ci la femelle se blottit au fond du trou.



Heureusement, monsieur peut revenir pour assumer son rôle de vigie et de protecteur.


Madame peut alors sortir rassurée.


J'espère, mais je n'y crois guère,  qu'ils vont maintenant être tranquille, comme ces canards, juste en dessous d'eux. C'est le seul couple de la pièce d'eau, un couple solitaire qui s'aime suffisamment pour ne pas avoir besoin de la compagnie de la foule du grand étang à 100 mètres de là.


Depuis le 3 mars, je n'ai pas eu l'occasion de retourner observer mes perruches. Elles sont pourtant toutes proches ; je vois leurs platanes de la fenêtre d'où j'écris ces lignes. La crise du logement perdure-t-elle ? je le crains. Les platanes n'offrent qu'un nombre limité de trous utilisables. Depuis quelques jours, il me semble que les perruches qui passent au dessus de ma maison sont nettement plus nombreuses que d'habitude. S'éloigne-t-elles de leurs chers platanes pour trouver d'autres gîtes ? Y a-t-il des petits ? Si j'apprends quelque chose, je vous fais signe.

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