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dimanche 12 février 2012

Fêtons la 100ème !

Cette chronique, dixit Blogger qui héberge mon site, est la 100ème . Diable ! Sans ce rappel, je n'aurais pas pensé  à mentionner ce comput qui n'a d'ailleurs guère de signification : les chroniques sont d'ampleur bien inégale, notamment, les 1ères, à une époque où je voulais m'en tenir à de courts mémos, dans l'esprit d'Internet, avant que je ne me laisse entraîner  sur ma pente naturelle, vers des articles de plus en plus longs. 

Quoi qu'il en soit, voici le 100ème post.

Ceci dit, je n'en tirerai pas de conclusions particulières, ni de résolutions nouvelles. Depuis près de 18 mois, je me laisse porter par mes envies du moment et j'ai bien l'intention de continuer ainsi puisque certains d'entre vous m'encouragent à poursuivre dans cette voie zigzagante.  

Pour être certain de ne pas céder à la manie commémorative des anniversaires, je fais le choix d'un sujet encore plus banal que d'habitude. Parlons, donc, de la pluie et du beau temps. Ou plutôt de la neige et du beau temps, car on a presque oublié que l'eau du ciel pouvait rejoindre la terre sous sa forme bêtement liquide.

Je ne sais pas si la situation actuelle illustre ou controuve le thème du réchauffement climatique (réchauffement qui semble bien avéré) ni qu'il s'agit d'"un épisode exceptionnel" comme la radio nous en rebat les oreilles. Personnellement, ce froid me rappelle mon enfance, mes cuisses violettes (j'ai porté des culottes courtes jusqu'en classe de 1ère) pendant l'hiver 56, et les récréations interminables qu'il fallait supporter dehors. Tant que la neige ne m'empêche de sortir ma moto, j'aime bien ce froid sec.

Ce qui m'amuse, c'est bien plus simplement, l'inhabituel que la neige ou le froid font émerger dans la vie bien réglée de ceux qui ont la chance d'avoir un toit et de quoi payer leur chauffage. Cet insolite s'est manifesté, tout d'abord, par une inversion curieuse du climat entre la région parisienne et le sud où je me trouvais en cette fin de janvier. Par 3 fois, la neige est tombée en abondance.


Les choses se sont passées progressivement. Certes, la 1ère neige est bien tombée au dessous des  600 m d'altitude où je me trouvais, mais cette neige humide a fondu rapidement. Le mimosa qui commençait à fleurir s'est alors couvert de milliers de gouttelettes d'eau.





La goutte est comme une lentille qui inverse le paysage, le ciel en bas, la montagne en haut.

Du coup, j'ai pensé à ranger dans leurs boîtes les décorations de Noël puisque la nature prenait le relais avec ses boules liquides.


La boule n'est pas une lentille mais un miroir (déformant)

Toute la nuit suivante, une neige lourde est tombée sans interruption.



L'oléiculteur qui exploite une grande partie des oliviers de la commune est venue avec la gaule qui lui sert normalement à battre les olives pour faire tomber la neige avant qu'elle ne risque de briser les branches.



On aurait dit, mais ma photo traduit,  de manière bien imparfaite, cette impression, que les oliviers étaient des sortes de gros mammouths préhistoriques, tournés vers moi, dans une pose plus interrogative que menaçante.



J'avais vanté, dans ma dernière chronique, le charme de ces couleurs  qui subisistent malgré l'hiver. Mais la neige recouvre le chêne, le romarin ou le pyracantha qui, malgré son nom de "buisson ardent", peine à évacuer le poids qui l'accable.



Les nuits doivent être longues pour les oiseaux. Ils attendent avec impatience l'arrivée du jour. Ils ont sûrement dû remarquer que c'est au moment où le froid est le plus intense que le soleil est sur le point de se lever. Peut-être en tirent-ils une philosophie de la vie : il faut descendre jusqu’au plus profond de la crise pour qu'il y ait une chance de s'en sortir. A moins qu'ils se disent plus prosaïquement que la température ne cesse de baisser tout au long de la nuit, jusqu'à ce que la tendance s'inverse pour cause de soleil, voilé ou non ; on comprend pourquoi c'est à l'aube qu'il fait le plus froid ; pas de mystère dans cela ; le phénomène est donc  terriblement normal, complètement compréhensible et sans signification métaphysique aucune.

Ce pinson marche avec précaution sur la neige. Je ne vois pas pourquoi il n'aurait pas froid au pied, même s'il ne peut imaginer améliorer sa situation avec des moon boots.


Est-il monté sur ce caillou pour se réchauffer les pattes ?




Une chose est certaine : s'il accepte de descendre sur le sol, malgré le danger de cette position, c'est parce qu'il a faim.



J'ai passé une bonne partie de la journée, comme mon ami le fabricant d'huile, à secouer oliviers, lauriers et mimosas et à rendre praticable la longue rampe qui mène de la route au garage puis les escaliers jusqu'à la maison.

Peine complètement perdue, la neige a recommencé à tomber dans l'après-midi. Le mimosa qui monte du sol jusqu'au niveau de la terrasse, a disparu à nouveau sous une neige, abondante mais plus froide et donc plus légère.



Le soir, on était revenu à la situation antérieure et le ciel continuait à déverser, paisiblement, ses cristaux de neige, couche après couche, inexorablement.

Est-ce pour se protéger de la neige qui tombe sans arrêt, que le rouge-gorge s'est caché dans l’olivier que je vois depuis ma table de travail ?




A la tombée de la nuit, je me demande comment je vais pouvoir partir, d'autant plus que le chasse-neige n'est pas passé de la journée.

Le laurier s'est écroulé pour la 3ème fois.

Dans la nuit, un miracle, dont cette région est coutumière, s'est produit. Le ciel est totalement dégagé.

Le chêne qui ombrage ma terrasse en été. 

La crête, en face, est à 1200-1300m. Derrière, c'est la mer (à quelques kilomètres ! ) 


Voilà longtemps que le me dis que je devrais tailler cet olivier qui fait la course (en tête pour l'instant) avec les chênes d'à coté. 

Très vite, le soleil ramollit suffisamment la neige pour qu'elle glisse des branches.  Celles-ci se redressent bruyamment comme un chien qui s'ébroue en sortant de l'eau. trouant de plus en plus souvent le silence de cet univers ouaté.

L'olivier en face de la fenêtre de mon bureau. J'avais mis par terre de la nourriture pour les oiseaux. Ils la trouveront plus tard  !

Le lendemain, me voici "remonté" en région parisienne. Pas de neige, ici (il en tombera tout de même un peu les jours suivants ). Suis-je bien monté vers le nord ? 

Pas de neige, mais un froid de canard. Les étangs sont gelés. Que deviennent justement les canards ?


A 1ère vue, les étangs sont déserts. Seuls les corbeaux (je n'arrive pas à les appeler des corneilles) arpentent les surfaces gelées. 


Si les corbeaux sont les seuls à marcher sur la glace, c'est qu'elle présente pour eux un attrait certain que je ne m’explique pas. Ils cassent la glace avec leur bec puissant ; pour trouver quoi ?

Celui-ci, même une flaque d'eau gelée,  l'intéresse.




Puis il s'en va sans se presser...



...pour aller voir ailleurs.


Peut-être aura-t-il la chance de trouver un morceau de pain, comme celui-là :



Si je peux imaginer que l'on puisse trouver quelque chose à manger dans une flaque gelée, qu'est-ce qui se cache sous la glace de l'étang. Ce corbeau-ci est comme un pécheur du lac Baïkal qui fore la glace afin de poser sa ligne. Je l'ai remarqué parce que le bruit sec de ses coups de bec m’avaient intrigué. 



En fait, il y a un rocher sous la glace dont la carapace a éclaté avec la progression du gel. Il y a donc bien quelque chose de solide et non simplement l'eau de l'étang.

Avec la poursuite du gel, ininterrompue depuis 10 jours, la glace progresse. Sous la poussée du gel, elle éclate sur les rochers qui affleurent.


Son immobilité n'est qu'apparente. Quand le soleil tape, on l'entend craquer de partout. Parfois, une onde de fracture parcoure toute la surface de l'étang, à une très grande vitesse, comme une corde de guitare trop tendue qui brusquement se romprait.

Ce matin, cet autre corbeau solitaire inspectait la surface curieusement coloré par les premiers rayons de soleil. 


Au dessus de lui, toute une bande faisait un vacarme terrible. Leur nombre ne cessait de croître et certains venaient prendre place avec l'assurance de qui sait où il doit siéger dans la noble assemblée.


Puisqu'il n'y a guère de variété dans la gent animale, en ces temps de froidure, je regarde un peu mieux les différents exemplaires de ce bel animal. Vus de loin, sans y prêter attention, ils semblent tous identiques, noir de la tête aux pieds. En fait leurs plumes présentent des nuances différentes, leur bec est moins foncé avec un bossage plus clair à sa naissance. Leur vol a quelque chose d'échevelé qui amuse.



Et puis, les individus ne se ressemblent pas. Comparez, par exemple, ces 3 oiseaux. On pourrait en dresser le portrait psychologique, rien qu'à les comparer.



La tête, comme le poitrail, est d'un noir profond. Les ailes sont brillantes, d'un noir bleuté qui change au gré de la lumière. Pas étonnant qu'ils symbolisent, la tête dans les épaules, l'habit noir et le "huit reflets", l'huissier ou l'homme de loi ou d'Eglise, dans les caricatures du XIXème siècle.

Les 1ers jours, il y avait encore un peu d'eau liquide sur les bords de l'étang principal. Aussi, 2 cygnes n'avaient pas encore renoncé à rester sur place, même si la marche sur la glace leur était pénible.



Ce n'est pas parce qu'on est seul avec sa compagne qu'il ne faut pas respecter le code d'honneur en vigueur  chez les cygnes.


On dirait le torero qui se concentre avant de planter ses banderilles. 





On perd parfois l'équilibre en dérapant un peu et l'on est bien content de se camper fermement sur ses 2 pattes bien écartées.



Si ce mâle a fait ce long trajet depuis l’île où il doit dormir, c'est pour venir boire. Dès qu'il aperçoit de l'eau liquide, il se précipite. Dans un mouvement gracieux, il la recueille dans son bec comme avec une cuillère, puis la fait glisser dans sa bouche en relevant bien haut son cou. Tout ceci, dans un mouvement gracieux qui le fait onduler avec précision et délicatesse.




Il a rejoint sa femelle qui était déjà là. Est-il fatigué, par sa longue marche ?  il ne se déplace plus debout sur ses pieds, mais glisse sur le ventre, poussé par ses 2 pattes qu'il actionne comme les bielles d'un bateau à aubes. Il n'y a pas assez d'eau pour flotter et on sent qu'il fait des efforts pour se traîner. Mais, au moins, ne risque-t-il plus de tomber.



De toutes façons, quoiqu'ils fassent, ces oiseaux sont toujours élégants.


L'élégance se combine sans peine avec un machisme évident.


Que ne ferait-on pour éviter que sa belle ne vous oublie et, surtout, n'oublie qui est le chef, celui qui peut tout se permettre, comme de vous prendre ce que vous alliez saisir.



Les jours suivants, je n'ai pu les retrouver. Il n'y avait plus d'eau libre et ils ont dû rejoindre, comme les copains, l'eau courante de la Seine.

Les copains, je les ai trouvés sur la Seine, à proximité des débouchés des étangs. La Seine n'est pas encore prête à geler comme pendant les hivers 55/56 ou 62/63. Un courant rapide interdit la prise de glace, sauf autour des branches qui trempent dans l'eau.



Les grèbes ont d'ailleurs de la peine à se maintenir en régime stationnaire, malgré de grands coups de palmes,  avant de plonger quand elles aperçoivent une proie.



Les grèbes voisinent avec les foulques tandis que les colverts préfèrent se tenir juste à la limite de la glace et de l'eau, tantôt montant sur les berges, tantôt se hissant sur de petits icebergs, tantôt enfin flottant sur l'eau. Je n'ai pas réussi à déterminer si telle activité est liée à telle localisation ; ils dorment indifféremment dans l'eau et sur la glace ou la berge solide. Seules les ablutions copieuses préalables à la toilette exigent de se mettre à l'eau. De toutes façons, ils ne s’éloignent jamais de l'eau qui est leur refuge contre d'éventuels prédateurs marchant sur la glace.

Ce matin, je domine nos canards depuis le petit pont qui enjambe l'entrée du port de plaisance. Il doit faire -6 ou -8° mais le soleil  est tout proche.



Grasse matinée  : Les 9h30 sont passés. Mais ce début de soleil est bien agréable.

 Il est bien difficile de rester tranquille sans être dérangé. Ce canard en équilibre au bord de son iceberg n'a vraiment pas besoin d'être secoué  :







Et, en 5 minutes, on se retrouve deux fois plus nombreux.


Un autre matin, vers la même heure, je me suis amusé d'une autre scène. Cette fois-ci, je suis sur un autre pont qui permet de passer au dessus du débouché d'un des étangs sur la Seine. Tout le monde est bien au calme.


Au milieu de la petite troupe endormie, un excité crie à tue-tête et à chaque "coin-coin" envoie un petit nuage de buée.


Il a réveillé tout le monde, même la jolie petite canne blanche que je connais bien depuis plusieurs années, la seule de toute la région. Chacun s'éloigne de ce fou furieux qui a décidé à cette heure indue de se lancer dans une toilette véhémente.




Puis il s'ébroue comme le m'as-tu vu ? qu'il est.




Enfin, il se livre à un lustrage des plumes, désormais calmé.


Aussi chacun essaie-t-il de se rendormir pour profiter de la chaleur qui se diffuse. Seule ma petite canne blanche n'arrive pas à retrouver le sommeil.


Juste au dessus d'eux, en bordure de Seine, une dizaine de cormorans sont perchés, nez au vent, les plumes hérissées par une petite bise assez fraîche.




Comme les corbeaux, ils gagnent à être observés avec attention. Leurs yeux bleus, rond comme des boutons de bottines plaqués sur leur tête, la base de leur bec d'un jaune plus ou moins soutenu, mais aussi leurs plumes d'un bronze violacé, sans parler de leurs poses hiératiques qui les font ressembler à quelque divinité inquiétante, tout mérite un regard.



Puis ils finissent par considérer que mon voyeurisme les insupporte et, profilés comme des bombardiers, ils virent au ras de l'eau.


Hier matin, vers 8 h 30, j'ai vu par 2 fois des groupes en position de migration. Ont-ils l'intention de quitter la région et de se rapprocher de rivages au froid moins polaire ? Je n'ai pu encore vérifier s'ils ont effectivement disparu pour un temps.

   
18 individus !


Cet autre groupe, aperçu quelques minutes plus tard, n'a pas adopté la formation en V mais vole sur une seule ligne.


C'est la 1ère fois que je vois des colonies aussi importantes en vol. Généralement, ils se déplacent en petits groupes ; cela me conforte dans l'idée qu'il s'agit d'une migration plein sud.

J'en viens enfin au seigneur de ces lieux : le héron, dernier des oiseaux aquatiques habitués de mes étangs. J'en ai aperçu un, le même semble-t-il, chaque matin de la semaine où je suis sorti mais j'ai largement raté mes photos, me faisant surprendre avant même d'avoir pu l'observer. Cette prudence exacerbée est-elle consécutive au changement des habitudes induites par le froid ? J'ai tendance à le penser. Les canards, pourtant si peu craintifs, ne se laissaient pas approcher facilement dans un environnement qui ne leur était pas habituel. 

Le 1er jour, il était tout près de moi quand il s'est envolé du bord de l'étang principal. 





Tout heureux d'avoir vu où il s'est posé, j'avance à pas de loup. Il n'y a personne, les rares joggers empruntent toujours les mêmes allées, sans un regard pour autre chose que leur chronomètre (je ne critique pas, j'ai été longtemps comme cela !). Pourtant, malgré mes précautions, je ne l'ai pas retrouvé, je ne l'ai même pas vu s'envoler.

Une autre fois, pardon cher héron, je l'ai poursuivi d'étang en étang (il y en a 3) pour essayer de réussir, enfin, une photo.


Je le retrouve au port de plaisance. Il est tellement affolé qu'il se perche sur un bateau.



J'imaginais qu'il allait se poser au sommet du poteau. Il préfère le toit du bateau et réussit un atterrissage de côté en vol stationnaire.


Quel falbalas de plumes ! Le héron a souvent l'allure d'une vieille danseuse des Folies Bergère qui aurait ressorti son vieux manteau de plumes décati.



Puis, comme une jeune fille qui cache prestement maquillage et livre un peu trop leste, la voici redevenue bien sage, jupe plissée et socquettes blanches. Mais où est passé son boa ?


C'est bien le même que je surprends un peu plus tard dans un chenal étroit bordé de taillis épais. Je l'ai surpris d'accord, mais impossible de trouver un angle de vue dégagé. Ma stricte jeune fille est devenue une vieille clocharde voûtée. Quel sens du déguisement.



Il y a 2 jours, j'étais très déçu. Pas de héron tout au long de ma promenade. J'ai eu l'idée d'aller voir du côté d'une petite île qu'il affectionne. Mais oui, il était là, totalement immobile sur une seule patte, entouré d'une cour un peu turbulente.


Des poules d'eau avancent avec respect, sur la pointe des pieds, en effleurant à peine le sol gelé.


Elles sont accompagnées par un rouge-gorge et un moineau, tout aussi respectueux du grand oiseau affublé d'un long bec.



On ne peut en dire autant des différents volatiles qui sont venus successivement voleter au nez du héron. Voici d'abord une pie.


Avec sa compagne, elle semble vouloir narguer le héron, comme un touriste français cherchant à perturber le flegme d'un garde devant Buckingham.



Fascination des imitateurs ? Un corbeau vient se placer au même endroit, pour la même pantomime.


Enfin un pigeon n'est pas moins impertinent.





Aucun de ces impudents n'a fait sortir notre héron de ses gonds. Il reste totalement imperturbable, imperturbablement immobile. 

Comment interpréter cette scène ? Il y a quelques temps, j'écrivais pour mes petits enfants de petites histoires que je brodais autour de photos animalières. Les perturbateurs pourraient être alors des messagers, apportant des nouvelles d'un lointain front de guerre ; ou bien, ce serait de modestes sujets venus rendre hommage au roi de l'étang qui ne les gratifie même pas d'un regard, etc, etc.

Mais que dire sans le secours de la fiction ? J'ai vu plusieurs fois au dessus de ma maison des corbeaux, généralement deux, s'attaquer à un héron volant haut dans le ciel et le forçant à faire demi-tour. S'agit-il de tentatives d'intimidation pour essayer de lui ravir une place enviée, au soleil, bien abritée du vent par le bosquet qui couvre l’île ? Je ne sais.

Je suis retourné ce soir au même endroit pour revoir l'étang sous les couleurs du soleil couchant. Il n'y avait pas un héron mais trois. 




J'ai attendu longtemps, plus d'une heure, le moment où ils s'envoleraient, malgré mes pieds trempés car je m'étais avancé un peu trop sur la glace pour m'approcher un peu plus. Je le confirme. Rien ne laisse présager que la glace, pourtant épaisse, va craquer et l'eau submerger les chaussures. J'avais entendu des craquements, mais, je l'ai dit, la glace craque constamment. Je me suis senti singulièrement ridicule, même si ma mésaventure n'a pas eu de spectateur.



L'envol des hérons est tout aussi imprévisible que la rupture de la glace. Le 1er est parti sans que je m'en aperçoive, sans même voir dans quelle direction il était parti. Peut-être a-il fui au moment de ma chute. Le bruit a dû l'effrayer et j'étais trop occupé à sortir mes pieds de l'eau froide pour m'intéresser à un stupide héron qui ne voulait pas que j'immortalise son décollage. Pour les 2 autres, j'ai à peu près vu le démarrage mais, dieu qu'il est difficile de réussir ses photos au coucher du soleil en hiver.

Il y eut des préparatifs.

Toilette....



Bâillements... on s'ennuie ?


Gymnastique, pour se dégourdir les ailes, après une si logue immobilité....

Aile gauche...



Extension....


Aile droite....


J'aurais dû ne plus le quitter des yeux mais naturellement je fais tout le contraire, m'attardant sur le spectacle de la glace irisée par des rayons solaires presque horizontaux.



Et naturellement, j'ai manqué le départ...






Par la même occasion, j'ai revu mon couple de cygnes des 1ers jours. Ils sont bien toujours là. Après s'être rassasié des morceaux de pain que leur jetaient les enfants, ils ont fait une soigneuse toilette  vespérale. 



Puis ils sont partis très dignes, malgré quelques glissades,pour trouver l'espace nécessaire au décollage. Bien entendu, je n'ai pas anticipé, là non plus. Ils ont décrit un large arc de cercle pour atteindre la Seine sans prendre trop d’altitude, me laissant le temps d'ajuster mon tir.





Le soleil est couché. L'étang est redevenu  le domaine des seuls corbeaux. Quelques poules d'eau profitent du fait que la place se soit vidée pour faire de rapides emplettes, comme avant un couvre-feu. Puis, elles regagnent illico presto le couvert des arbres de l'île.



Quelques belles lumières et puis c'est la nuit. 






L'île est désertée.



Un dernier passage du 3ème héron que j'ai dérangé en rentrant chez moi.


Je reviendrai demain vous parler des hôtes plus terrestres de ce petit monde à côté duquel je vis. Pour une 100ème chronique, celle-ci est bien assez longue.


2 commentaires:

  1. Quelles belles images une fois encore !!! Impressionnant aussi cette neige sur ces arbres en fleurs ... et surtout ces gouttes de glace ..
    Un vrai régal ..
    Merci pour cette escapade hivernale ..
    Nath

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