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samedi 24 janvier 2015

Un trésor de cartes postales 1ère partie

Cette fois-ci, c'est décidé. Pour 2015,je ne souhaiterai pas la Bonne Année sur mon blog. Je m'en sens incapable. Ma boite aux lettres comme ma messagerie me montrent que je ne suis pas le seul dans ce cas. Je croyais que passées quelques semaines, je pourrai me livrer à nouveau à cette tradition un peu farfelue qui nous fait croire un temps que nous pouvons infléchir le destin pour ceux que nous aimons. J'avais même choisi le thème que je voulais développer, j'en avais trouvé l'illustration. Mais que nenni. C'est le contraire qui se passe. Après le choc des attentats liberticides et antisémites, voici venu le temps de l'islamophobie. Un temps qui n'est pas près de finir. Ce poison qui n'ose, heureusement, se dire explicitement se cachait jusque-là derrière le beau thème de la laïcité,.Il vient de recruter un nouveau concept auquel nous tenons aussi, la liberté d'expression. Et derrière la haine de cette religion, c'est le racisme tout court qui se planque. Ecoeurant.

Pas de vœux donc. Mais un cadeau.

J'ai trouvé ce trésor de plus de 1000 cartes postales anciennes un peu par hasard. Un peu par hasard, parce que, comme d'habitude, il n'y a pas beaucoup de hasard dans tout cela. J'ai découvert pourquoi nos trajectoires se sont croisées. Ces cartes postales provenaient de la villa qu'occupait autrefois la famille Cuinet, une villa surplombant celle d'un ami. Le nouveau propriétaire de la villa Cuinet (elle porte toujours ce nom) ne s'intéressait pas à toutes ces vieilleries. Il les donna à mon ami qui les conservaient depuis 20 ans. 

Mais peu importe l'anecdote. Avec l'accord du propriétaire du trésor, une fois que je l'ai eu identifié, j'ai pu consulter cette collection, scanner plusieurs centaines de cartes, avant de les restituer en échange, un échange provisoire, d'une valise de documents sur la famille qui avait constitué cet ensemble. Je suis en train d'explorer le contenu de la valise.

Quelle drôle d'aventure ! Voilà un stock d'informations brutes concernant des gens dont je ne sais rien. Des informations parfois très précises, la plupart du temps très allusives, intelligibles uniquement pour ceux qui les ont produites ou reçues. Des cartes postales, des lettres, des portraits, des photos de groupe, tout un puzzle aux éléments mélangés. Bien plus, un puzzle dont on a égaré bon nombre de pièces et qu'il faut essayer de reconstituer.

J'ai déjà vécu cela lorsque, il y a quelques années, j'ai découvert dans la maison promise à la démolition où mon grand père maternel était né, des documents abandonnés dans une cave en partie inondée. Je ne reconnaissais aucun visage. Je ne connaissais même pas les noms des individus représentés. Certains étaient de ma famille. Mais lesquels ? Comment me reliais-je à eux ?

J'ai pu reconstituer pratiquement tout le puzzle, appris plein de choses sur ma famille, mis des noms sur des visages, partagé ces informations avec des cousins. Était-ce vraiment la reconstitution d'une partie de mon histoire familiale qui m'avait enthousiasmé ? Sans doute en partie. Mais en fait le vrai plaisir venait de la quête, de la recherche, de l'énigme à résoudre. Peu importe que ce soient des membres de ma famille. Un des succès qui m'a le plus réjoui, c'est de découvrir l'identité de cette belle jeune femme qui n'était qu'apparenté de manière lointaine à ma famille, l'épouse d'un des 4 frères Audibert morts pour la France pendant la Première guerre mondiale. (voir http://www.leschroniquesdemichelb.com/2013/10/1914-1918-4-freres-morts-pour-la-france.html)

Je me suis plongé dans cette histoire de la famille Cuinet avec le même entrain. Des noms, des visages, des lieux me sont devenus familiers alors que je n'avais rien de commun avec eux. Même ces nombreuses cartes postales ne m'évoquaient rien, à quelques exceptions près : une image sans intérêt de ma ville natale, Annecy. Une photo d'un village d'Auvergne où j'ai quelques ancêtres paternels. La représentation, comme je ne l'ai jamais vue, du lycée où j'ai subi toute ma scolarité secondaire.

Annecy Château juin 1900

Le lycée Gay Lussac à Limoges

Ces cartes postales, malgré tout, étaient un trésor. Un trésor au sens propre, quand on sait ce qu'il faut débourser pour se les procurer. L'idée que certains d'entre vous pourraient y trouver ce qu'ils cherchaient me remplit de joie. A défaut de vœux de Nouvel An, on aurait droit, malgré tout, à un cadeau.

Alors démarrons l'aventure. Nous partons à égalité, cher lecteur. Au début de cette exploration, je n'en savais pas plus que vous. Nous allons remonter un siècle en arrière et essayer de tracer un chemin dans ce monceau de documents à déchiffrer.
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La collection de cartes postales soigneusement rangée dans un petit carton s'étale pour, l'essentiel, entre 1900 et 1906, l'âge d'or de la carte postale, le moment où elle trouve progressivement sa forme définitive. Une seule date du siècle précédent, de 1899, précisément, c'est à dire du tout début de la carte postale imprimée, puisque ce n'est qu'à partir de 1897 que la carte illustrée d'une photo se répand en France.

Jougne juin 1899

Elle est adressée par Félicie Marmion, en résidence (d'été ou permanente, je ne sais) à Jougne dans le Doubs à la frontière de la Suisse, à sa fille, Marguerite Marmion, épouse de Paul Cuinet, professeur agrégé de lettres classiques à Bourges.  C'est ce dernier qui  est l'initiateur de cette collection.

Cette carte est typique de son époque. On l'appelle la carte-nuage. Au recto une photo aux bords estompés (d'où le terme de nuage), comme dans les portraits de l'époque. Autour de la photo, on a laissé suffisamment de place pour écrire. Le verso est réservé uniquement (toutes les cartes en portent la mention comminatoire), à l'adresse du destinataire.


Au début, l'image n'occupe qu'une faible partie de la carte. C'est une illustration, car la fonction première de la carte postale est d'offrir un support à l'écriture.

Lyon Pont Morand  1901


Le fils de Paul, Julien Cuinet surnommé Pompon (né en 1900), a découpé la carte pour récupérer le timbre. Beaucoup de cartes ont subi les outrages de ses ciseaux.

Le motif est généralement à gauche ou au centre pour faciliter l'écriture, mais il arrive qu'il soit à droite.

Tournus  janvier 1901
L'expéditeur est un ami prof. Il annonce sans doute sa promotion dans le grade supérieur.

Cette technique du nuage a, pour nous tout au moins qui sommes abreuvés d'images hyper-réalistes, une capacité d'évocation poétique incomparable. On a l'impression d’entrapercevoir un fragment du réel dans la brusque déchirure d'un brouillard qui le voile (le fameux nuage de la carte -nuage). Cette photo de château tire sûrement son charme envoûtant de ce halo qui le nimbe. On se prend pour le Grand Meaulnes découvrant subrepticement le château d'Yvonne de Galais. C'est d'ailleurs, lui aussi, un château du Cher et après tout nous sommes à l'époque du roman (paru en 1913).

Château de Meillant avril 1901

Ensuite, au fil du temps, la photo s'étale. On peut encore écrire au dessous.

On fera attention au texte : "Voyagé en compagnie de toute une famille en partance pour l'Annam. On oublie de penser à soi". Carte du 12 janvier 1902.

Mais, si l'on veut écrire plus que quelques mots brefs, il devient difficile de trouver de la place . On tourne autour du motif, on occupe le moindre espace.


Carte envoyée le 10 octobre 1901

Cette carte, envoyée en 1904, est une des dernières de ce style et  un archaïsme provincial. 

La photo finit par occuper tout le recto de la carte pour notre plus grand bonheur de nostalgiques du passé.



Le verso est toujours interdit de correspondance.

Entre-temps, Paul Cuinet a été muté à Clermont Ferrand.

On est parvenu au point ultime de l'évolution de ce concept datant de la fin du XIXème siècle : recto, photo et texte ; verso : adresse. La photo a complètement expulsé le texte.

Il arrive alors, que contrairement à la règle qui veut qu'on respecte l'image, on écrive sur la photo elle-même. Il est vrai que la limite entre la photo et l'espace destiné à la correspondance n'est plus matérialisé. Alors on noircit le ciel.





Cette évolution vers un recto purement photographique n'a pas concerné que les cartes parisiennes, comme je le croyais initialement. Même en province on fabrique dès 1903 des cartes où la photo couvre la totalité du support.

Ainsi cette carte des docks de Marseille, postée en 1902, ne laisse qu'une mince ligne de correspondance en bas de la carte pour une date et même une heure (!).

Marseille les docks janvier 1902

Contrairement à celle-ci de la même ville et postée le même jour qui reprend encore la disposition traditionnelle.

Marseille la corniche 

Sur cette carte ardennaise d'octobre 1902, la photo a envahi toute la surface, comme coincée sous les pieds de ce personnage pour qu'elle ne recule pas de peur devant cette audace.


Et voici Toulon qui n'est pas à la traîne avec cette carte de décembre 1902.


En 1903, le procédé continue de s'étendre même s'il reste encore minoritaire. 

Ainsi dans ce petit village de Bourgogne.


On remarquera toutefois qu'il y a une sorte de compromis avec cet avant plan vide qui permet d'écrire sans recouvrir des détails intéressants. On retrouve souvent cette disposition 

Bourges Mai 1903

Chalon sur Saône février 1905
Nanterre octobre 1903
Le vide a été bien utilisé !

En revanche, Cerbère en avril 1903 ressemble à une carte contemporaine :




Désormais, il va falloir trouver une solution pour ceux qui considèrent que la carte postale est un moyen économique (10 centimes pendant toute la période) de communiquer avec ses proches. J'y viendrai un peu plus loin.

Mais pour beaucoup, et notamment pour les correspondants les plus assidus de notre "trésor", cela n'a pas d'importance car en envoyant une carte postale, on offre d'abord une photo et pas nécessairement des nouvelles ou des signes d'amitié.

Il n'y a parfois qu'une signature, une date, voire rien du tout.

Cette maison ancienne a été épargné par les bombardements de 1944.

Fontainebleau

Biarritz avril 1902

Sur celle-ci, il faut bien chercher la date, le petit mot amical et la signature.


Arcachon avril 1902
Il y avait pourtant largement la place d'écrire quelque gentillesse !

Bordeaux mars 1902

Parfois il n'y a même rien d'écrit : le destinataire peut deviner facilement par le lieu  d'envoi qui est l'expéditeur et le cachet de la poste "fait foi" comme on dit pour la date.

Paris Exposition universelle 1900

Besançon, mai 1901

Une bonne partie des cartes de mon "trésor" a été envoyée à des fins de collection uniquement et en aucun cas pour échanger des informations. Sur la carte qui suit,  on a tous les éléments qui importeront au collectionneur : le nom de l'expéditeur, le lieu et la date. Le "Bonjour" initial est une politesse dont on aurait pu se passer.

Aix en Provence avril 1902

Cette collection, on la constitue méthodiquement. Pour éviter les doublons, surtout avec les proches, on établit des listes de ce que l'on a pour orienter le choix de ses correspondants vers la nouveauté.

Ainsi Félicie Marmion s'excuse presque de renvoyer à son gendre une carte postale déjà envoyée. Mais c'est pour souhaiter la bonne année ! C'est le monde à l'envers. On ne s'excuse pas de ne rien dire, on demande qu'on vous pardonne d'écrire un mot gentil sur la précieuse carte. Toutefois, notre professeur collectionneur n'est peut-être pas aussi organisé qu'il n'y paraît : cette carte déjà envoyée n'est pas sur la liste.

"Cette carte n'étant pas mentionnée sur la liste quoique je vous l'ai déjà envoyée une fois, je m'en sers pour  vous adresser mes voeux de nouvelle année..."

On dirait même que l'on donne à certains correspondants des cartes qu'ils doivent vous adresser, comme s'il fallait absolument qu'elles passent par la poste pour acquérir leur valeur de carte postale. Mais je ne suis pas sûr de mon interprétation. 

"Cette vue du Panthéon me rappelle votre affection pour les cartes postales et la façon irrégulière dont je vous adresse celles que vous m'avez laissées..."

Une véritable compétition s'installe entre les principaux correspondants. On met au défi l'autre de trouver la carte qu'on n'a pas.

"Vous voulez m'envoyer de nouvelles cartes postales. Vous aurez fort à faire si vous pouvez dénicher un libraire qui ait des vues ne figurant pas dans ma collection. Voyez plutôt cette liste..." Carte de Léon Chauveau professeur au lycée de Bourges.

On dirait presque que l'on cherche ses lieux de villégiature en fonction de la possibilité de trouver des cartes postales.

"Il y a de vieilles maisons, l'électricité, svp, comme éclairage public et des cartes postales !" écrit le même Léon Chauveau.

Cette collection (ou plutôt ces collections rivales) vont subsister malgré un changement radical de concept en 1904. C'est cette année qu’apparaît la carte postale que nous continuons d'utiliser en vacances  (elle disparaîtra sans doute le jour où l'on pourra se connecter partout pour échanger commodément photos et nouvelles). L'innovation consiste à partager le verso en 2, une partie correspondance, une partie adresse, pour continuer à laisser la totalité du recto à la photo. Finis les gribouillages qui recouvrent l'image ! Il était temps car, faute de place, on finissait par écrire non seulement sur la photo, mais aussi sur la sacro-sainte partie réservée "exclusivement" à l'adresse.

Voici un exemple de cette innocente dérive :


Le correspondant explique par ailleurs pourquoi ces 2 personnages posent au centre de l'image : "c'est pour permettre de photographier le château, interdit de photo" Carte envoyée le 12 juin 1904. Déjà des ennuis pour les photographes !

Le tournant de 1904 s'explique par une décision gouvernementale. Un arrêté du 18 novembre 1903 autorise la séparation du verso en 2 parties, correspondance en plus de l'adresse.
La 1ère carte de ce nouveau modèle, trouvée dans la collection Cuinet, est envoyée par Edouard Lévy, un correspondant fidèle de Paul Cuinet. En mai 1904, il est si peu habitué au nouveau concept
 qu'il continue d'écrire sur la photo et meuble la partie correspondance avec son tampon d'expéditeur.



Assez souvent, il n'y a pas de texte en ces débuts de la carte new look.


Carte envoyée le 5 juillet 1904.
Elle représente le casino de Saint Nectaire, lorsque cette petite ville connue pour son fromage  était réputée pour ses thermes. Le casino a brûlé en 1937.

En revanche, ce correspondant-ci a bien compris le fonctionnement de la carte qu'il envoie le 21 juin 2004. Une carte sur le thème inépuisable : modernité (le train) et tradition (les moutons).



Toutefois, la plupart des cartes expédiées en 1904 reprennent le modèle ancien. On écoule les stocks .

La Plaine Saint Denis juin 1904

Ornans, juin 1904

Paris le Louvre juillet 1904
Si elle n'était pas colorisée, cette carte pourrait dater de 1900.

On peut comprendre cet archaïsme dans le petit village de Jougne, mais à  Lyon !

Jougne septembre 1904


Lyon Place Bellecour décembre 1904

Un seul correspondant continue à utiliser comme autrefois la nouvelle carte : il écrit sur la photo et se contente d'une magnifique signature sur la partie correspondance du verso (alors qu'il a déjà signé au recto !). Il y a là tellement d'ostentation qu'on imagine quelque rebellion rétrograde contre la modernité.




En 1905, je n'ai trouvé que 3 exceptions à la nouvelle disposition : 2 dans la  région de Jougne, village cher aux Cuinet, et une à Paris !

Le Fort du Larmont août 1905

La photo n'a guère d'intérêt, même si à l'époque on n'était pas indifférent à la construction d'un tel ouvrage, moins de 20 ans avant. Paul Cuinet était adulte lorsque les travaux ont eu lieu, 10 ans après la cuisante défaite de 1871. Je la publie parce qu'elle rappelle un événement qui s'y déroulera en juin 1940, soit moins de 40 ans après et une guerre mondiale : la reddition dans la vieille tradition militaire après une défense acharnée de ce fort protégeant le passage près de Pontarlier : "À 20 h la garnison composée de 122 hommes et 8 officiers sort du fort en présence des troupes allemandes qui lui présentent les armes. Les officiers pourront garder leurs armes, bagages et chevaux, et seront logés dans un hôtel de Pontarlier".(Wikipedia).
Vu actuelle, prise de plus haut et de plus loin. (Wikipedia commons)

Pesmes, petite ville de Franche Comté en 1906

Paris rue Royale 1906 (un comble !)

Il reste qu'il est rare de voir une révolution culturelle aussi rapide, adoptée socialement avec autant d'enthousiasme. A peine une année ! La prochaine révolution, celle de la couleur, s'installera beaucoup plus lentement. Il n'est pas certain que cela ait représenté la même avancée même si à l'époque, je m'en souviens, cela avait été pour moi un choc. En 4ème, j'ai été quelques temps pensionnaires dans ce fichu lycée Gay Lussac dont j'ai publiée la photo plus haut. A Limoges, dans la ville d'adoption momentanée de mon père, je me languissais de ma mère et d'Annecy. Ma mère m'avait envoyée tout un lot de cartes postales de la ville et du lac, certaines colorisées, d'autres en couleur. Comme on dit, il n'y avait pas photo entre les 2 catégories ! Les cartes colorisées étaient plutôt moches mais, bon !, c'étaient des cartes postales d'Annecy. 

Preuve que la couleur n'est pas une révolution d'ampleur équivalente à celle de 1904, les cartes en noir et blanc ont survécu jusqu'à aujourd'hui.

La colorisation n' a pas, non plus, remplacé la carte originale. Il y en finalement assez peu dans mon "trésor". J'ai déjà publié la carte du Louvre de 1904. Le ciel est bleu, les toits couleur ardoise et la pierre bistre. C'est tout. J'imagine que cette colorisation sommaire était destinée à donner un coup de jeune à une carte ancien style qui n'aurait pas trouvé preneur autrement. La revoici :


Le procédé apparaît peu après le début du siècle et il est fixé d'emblée. La 2ème carte la plus ancienne de l’abstract que j'ai fait de la collection Cuinet, est précisément colorisée.

Paris Chambre des députés 28 février 1900

Je croyais déceler un "progrès",dans l'affinement de la colorisation. Il n'en est rien. La plus élaborée est une des plus anciennes.

Lyon Place de la République novembre 1903

C'est l'architecture qui se prête le mieux à la colorisation avec ses larges aplats : murs, toits, même si la palette est ainsi très restreinte.
Murols où les Cuinet passent de nombreuses vacances. Juillet 1906

Jougne La frontière franco-suisse. Le beau-père de Paul Cuinet était receveur principal des douanes. Juin 1906

Les paysages sont plus difficiles à coloriser car on ne dispose que de peu de nuances. 

Murols juillet 1906

Lyon novembre 1903
Cette carte est particulièrement élaborée avec ses différents tons de vert, ses reflets, etc...

Quand la colorisation est légère comme ceci, elle n'est pas choquante. Il s'en dégage même quelque chose de suranné qui rend nostalgique, comme ces rubans à moitié décolorés qui enserrent un paquet de lettres témoignant d'un amour disparu.

La colorisation est parfois si peu marquée qu'elle a presque disparue.


Ce discret effacement est de loin préférable aux couleurs criardes qui séviront ensuite.

Monaco mai 1913

Rouen mai 1912.

Il faut faire une place à part au procédé pictorialiste allemand que l'on retrouve dans ces cartes de Colmar qui datent de l'occupation allemande après 1871. 


Colmar septembre 1903.

Ces cartes sont numérotées par l'expéditeur. Il a bien envoyé les 10 cartes, séparément pour qu'elles soient bien toutes oblitérées, à Paul Cuinet alors en vacances à Jougne chez sa belle-mère. Il se trouve que j'ai déjà la collection complète de ces 10 cartes dans les papiers de ma famille maternelle. On devait être impressionné par la qualité de ces cartes.

Ce procédé se rapproche de celle-ci, peinte à l'unité et dont je n'ai trouvé qu'un seul exemplaire, sans doute coûteux à l'achat.

Paris Tour Saint Jacques juin 1900

Enfin, pour terminer cette longue digression sur l'esthétique de la carte postale, je mentionnerai encore les cartes qui reproduisent des gravures ou des dessins. Il y en peu d'exemplaires. La carte postale, c'était bien d'abord la photo.


1902
J'ai maintenant suffisamment tourné autour du sujet. Il est temps de s'intéresser au contenu de ces cartes et de plonger dans une histoire de famille plus étonnante que je ne l'imaginais au début de mon exploration.

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